DANS LES TOILETTES D’UN RESTAURANT

11h59, Le 19/07/21

Les plus belles choses ont une fin.


Mesurer la durée parce l’éternel est ennui, pour rendre la valeur au vécu. Je rêve du jour où la passion disparait. Te voir dérober sous mes yeux notre histoire. M’imposer la fin sans mon désir, désir que j’ai perdu pour toi. Rajeunir le passé en lui offrant un terme. Vieillir plus que jamais. Grandir.


Sans fins douloureuses, oubliez les chefs d’œuvres, les romances saisissantes, les œuvres magistrales. Mes histoires, je les racontent parce qu’elles me manquent. Parce que mes paradoxes les valorisent.

Revivre ce qu’on a perdu. Rattraper le temps, les j’aurais pu. La fin est un début pourtant la bouche asséchée à l’idée du prochain adieu, je reste là. Sans voix.


Recommencer, essayer, s’aventurer dans un sablier imprévisible. D’un grain inconnu, d’une durée assourdissante. Je remercie la vie pour ses maux que l’âge fait murir. Et dans ses ronces qui rappellent les cris, mes songes me caressent l’échine, j’embrasse le limité, d’un baiser volé.


Rompre pour survivre, céder pour mieux vivre. Les histoires pour s’écrire se terminent.


Je signe cette lettre, hésitant du temps donné. Je plie l’enveloppe, la cire goutte, j’appose le sceau en l’honneur d’un conte intime qui me manque déjà.


Cette histoire, je l’ai vécue pour toi mais elle s’est terminée sans toi.

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